September 15, 2021
De parte de Pozol
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Vienne, 14 septembre 2021. À midi, une centaine de femmes, d’hommes et d’enfants zapatistes sont sortis de l’aéroport de Vienne, en Autriche, sixième ville plus peuplée du continent, située sur les rives du Danube, près des frontières avec la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Des dizaines de collectifs viennois et de diverses géographie de Slumil K’ajkemk’op –c’est ainsi que Marijosé a rebaptisé le territoire européen en touchant terre à Vigo en juin dernier– attendent avec impatience l’arrivée de la deuxième partie de La Extemporánea, la délégation aérienne de l’EZLN du Voyage pour la Vie, qui n’a pas pu embarquer lors de la correspondance à Madrid.

À l’extérieur de l’aéroport de Vienne, la délégation zapatiste a été accueillie avec beaucoup d’émotion et des mots chaleureux de la part de femmes autrichiennes et migrantes qui lui ont «souhaité la bienvenue chez elle» en allemand et en espagnol. Sans enlever son sac à dos, le sous-commandant Insurgente Moisés a pris le micro pour s’adresser à ses hôtes, en leur parlant de la défense de la Terre Mère. «Nous connaissons déjà le nom du responsable : c’est le capitalisme. C’est le capitalisme qui détruit la vie de la nature». Vêtu d’une chemise bleue, d’une casquette, d’une visière de protection et le visage couvert uniquement par un masque, ne portant ni paliacate ni passe-montagne, le Sup Moi a été applaudi lorsqu’il a déclaré : «Nous ne voulons pas tuer. Nous ne voulons pas mourir… Nous voulons la vie et nous allons rester là où nous sommes».

Sous le soleil, brièvement, en raison de sa chaleur intense tombant en zénith sur leurs visages, les femmes mayas se sont couvertes de leurs pochettes pleines des documents témoignant de leur extemporanéité et de leur vaccination complète contre le covid-19. Elles se sont abritées à l’ombre du mur décoré de banderoles pour se reposer un moment pendant que les collectifs hôtes s’organisaient pour le transport vers leurs hébergements. Accompagnés de leurs hôtes, les groupes de zapatistes se sont déplacés en transports publics jusqu’aux différents endroits où ils résideront à Vienne. Quelques personnes venues les recevoir ont attendu le deuxième accueil à l’aéroport, mais il n’a pas pu avoir lieu. Il a cependant été décidé de maintenir l’événement culturel : son jarocho, poésie, batucada et chants collectifs, ainsi que discours en différentes langues pour exprimer leur indignation face au retard mais aussi leurs espoirs quant à l’arrivée attendue. Une compañera migrante s’est même exclamée avec véhémence : «Si les zapatistes sont coincés à Madrid, au cœur du colonialisme, alors allons-y, même si nous devons y aller à pied».

Un peu d’histoire locale au-delà de la valse et des palais rococo sur les rives du Danube, le plus grand fleuve d’Europe : le camarade Ricardo Loewe, du Comité de solidarité Mexique-Salzbourg, a déclaré à Medios Libres que, «avec la Pologne et la Hongrie, l’Autriche est un pays de l’ancien empire des Habsbourg qui, aujourd’hui, porte également le drapeau du racisme et de la fermeture de l’Europe ; c’est plus que triste, c’est scandaleux, c’est rageant car il y a des rappels dramatiques du fascisme qui n’a jamais disparu, il est toujours vivant. Et pourtant, nous sommes sur le point de recevoir la délégation zapatiste : ce n’est pas pour rien qu’ils viennent à Vienne où il y a de nombreux groupes qui ont une grande sympathie pour le zapatisme».

Outre la crypte impériale où les touristes peuvent visiter le tombeau de Maximilien de Habsbourg, le musée d’ethnologie expose son eurocentrisme et son colonialisme, «avec le Panache de Moctezuma qui ressemble à une poule morte, couchée, parce qu’il tombe en morceaux», selon les mots du compañero Loewe, qui nous rappelle le passé de la «Vienne rouge», avant la dictature fasciste de Dolfus, ainsi que l’austro-marxisme qui a fasciné le cardénisme, en nommant, à titre d’exemple, la place Friedrich Engels et le complexe multifamilial Karl Marx Hof. Cependant, le camarade autrichien de 80 ans met l’accent sur les luttes des femmes et des dissidents du genre («Je les admire»), le mouvement des squatters, la culture de la lutte anarcho-marxiste, «petite, mais bien structurée et non partisane».

Les collectives internationalistes, féministes, antifascistes et anticapitalistes d’Autriche ont bien assuré en organisant un événement culturel à quelques mètres des sorties internationales, sous les yeux incrédules des voyageurs et de la police aéroportuaire assistant à un événement politico-artistique émouvant et joyeux qui marquera l’histoire d’une invasion bien différente.

Fotos de Isabel Mateos Hinojosa y Amehd Coca Castillo, Viena, Austria, 14-09-2021.

Videos streaming sur les réseaux sociaux de Medios Libres y Vimeo de Zapalotta (en español y alemán). Más imágenes en YRetiemble Madrid y Pozol Noticias Chiapas.

Traducción de la nota en español de Medios Libres replicada en Pozol y Camino al Andar.




Fuente: Pozol.org