August 20, 2021
De parte de EZLN
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Ago192021

Paroles des peuples zapatistes

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Paroles des peuples zapatistes
13 août 2021.

SƓurs, frùres, frƓurs,

Compañeros, compañeras, compañeroas,

Par nos voix parlent les communautés zapatistes.

Nous voulons d’abord vous remercier.

Vous remercier de nous avoir invités.

Vous remercier de nous avoir reçus.

Vous remercier de nous avoir logés.

Vous remercier de nous avoir nourris.

Vous remercier d’avoir pris soin de nous.

Mais surtout vous remercier de vous ĂȘtre mis d’accord, malgrĂ© vos diffĂ©rences et vos contrariĂ©tĂ©s, pour ce que nous faisons aujourd’hui. Cela vous paraĂźtra peut-ĂȘtre peu de chose, mais pour nous, les peuples zapatistes, cela est trĂšs grand.

-*-

Nous sommes des zapatistes de racine maya.

Nous sommes d’une gĂ©ographie appelĂ©e le Mexique et nous avons traversĂ© l’ocĂ©an pour vous dire ces paroles, pour ĂȘtre avec vous, pour vous Ă©couter, pour apprendre de vous.

Nous sommes du Mexique et, en vous et avec vous, nous avons trouvé affection, soin, respect.

L’État mexicain et ses gouvernements ne nous reconnaissent pas comme des citoyens nationaux de cette gĂ©ographie. Nous sommes Ă©tranges, Ă©trangers, indĂ©sirables, inopportuns sur les mĂȘmes sols qui furent cultivĂ©s par nos prĂ©dĂ©cesseurs.

Pour l’État mexicain, nous sommes « extemporĂĄneos Â». C’est ce que dit l’acte de naissance que, suite Ă  de nombreux frais et voyages entre nos villages et les bureaux du mauvais gouvernement, nous avons pu obtenir. Et nous l’avons fait pour pouvoir arriver jusqu’à vous.

Mais nous ne sommes pas arrivĂ©s jusqu’ici pour nous plaindre. Ni mĂȘme pour dĂ©noncer le mauvais gouvernement que nous subissons.

Nous vous disons seulement ceci parce que c’est ce mauvais gouvernement qui a exigĂ© Ă  l’État espagnol de demander pardon pour ce qui est arrivĂ© il y a 500 ans.

Vous devez comprendre que, en plus en plus d’ĂȘtre sans vergogne, le mauvais gouvernement du Mexique est aussi ignorant de l’histoire. Et il la dĂ©forme et l’arrange Ă  sa convenance.

Ainsi donc, laissons de cÎté les mauvais gouvernements que nous subissons chacun dans nos géographies respectives .

Eux ne sont que des contremaĂźtres, les employĂ©s dociles d’un plus grand criminel.

-*-

Nous qui constituons l’Escadron maritime zapatiste, et que vous connaissez comme l’Escadron 421, nous sommes aujourd’hui devant vous, mais nous ne sommes que les prĂ©curseurs d’un groupe plus grand. Jusqu’à 501 dĂ©lĂ©guĂ©s. Et nous sommes 501 juste pour dĂ©montrer aux mauvais gouvernements que nous avons de l’avance sur eux. Alors qu’eux simulent une fausse cĂ©lĂ©bration des 500 ans, nous femmes, hommes et autr.e.s, nous nous dirigeons dĂ©jĂ  vers ce qui suit : la vie.

En l’an 501, nous devrons parcourir les recoins de cette terre rebelle.

Mais ne vous inquiĂ©tez pas. Les 501 dĂ©lĂ©guĂ©s et dĂ©lĂ©guĂ©es n’arriveront pas d’un coup mais en plusieurs fois.

En ce moment mĂȘme, dans les montagnes du Sud-est mexicain, la compagnie zapatiste aĂ©rotransportĂ©e que nous appelons « La ExtemporĂĄnea Â», constituĂ©e de femmes, d’hommes, de garçons et de filles zapatistes, se prĂ©pare.

Avec cette compagnie aĂ©rotransportĂ©e voyagera aussi une dĂ©lĂ©gation du CongrĂšs national indigĂšne-Conseil indigĂšne de gouvernement et du Front des peuples en dĂ©fense de la terre et de l’eau.

Toutes, tou.te.s, tous ont souffert pour obtenir papiers et vaccins. Ielles sont tombĂ©.e.s malades et s’en sont remis. Ielles ont eu faim et ont Ă©tĂ© loin de leurs familles, de leurs communautĂ©s, de leur terre, de leur langue, de leur culture.

Mais tous, toutes et tou.te.s sont motivĂ©.e.s et enthousiastes d’aller Ă  votre rencontre. Mais pas dans de grands Ă©vĂ©nements, sinon dans les lieux oĂč vous rĂ©sistez, vous rebellez et luttez.

Peut-ĂȘtre qu’il semble Ă  certains que nous nous intĂ©ressons aux grands Ă©vĂ©nements et Ă  l’impact mĂ©diatique, et que c’est de cette maniĂšre qu’ils Ă©valuent les rĂ©ussites et les Ă©checs.

Mais nous, nous avons appris que les graines s’échangent, se sĂšment et grandissent au quotidien, sur leur propre sol, avec les savoirs de chacun.

Le lendemain ne se prépare pas dans la lumiÚre. Il se cultive, se protÚge et prend naissance dans les ombres insaisissables du petit matin, quand la nuit commence à peine à céder du terrain.

Les tremblements de terre qui secouent l’histoire de l’humanitĂ© commencent par un « Ă§a suffit Â» isolĂ©, presque imperceptible. Une note discordante au milieu du bruit. Une fissure dans le mur.

-*-

C’est pour cela que nous ne venons pas apporter des recettes, imposer des visions et des stratĂ©gies, promettre des avenirs radieux et instantanĂ©s, des places pleines de monde, des solutions immĂ©diates. Nous ne venons pas non plus vous inviter Ă  des unions merveilleuses.

Nous venons vous Ă©couter.

Cela ne sera pas facile, c’est sĂ»r.

Nous sommes tellement différents, tellement lointains, tellement contraires et surtout tellement contradictoires.

Beaucoup de choses nous séparent.

Peut-ĂȘtre qu’en parlant, qu’on le veuille ou non, nous n’exprimons pas seulement notre histoire, mais nous faisons aussi preuve de notre conviction que notre position est la bonne, que c’est la vĂ©ritĂ©.

Chaque regard vers le passĂ© nous divise. Et cette diffĂ©rence n’est pas insignifiante. Dans chaque regard, il y a de la rage et de la douleur qui lĂ©gitimement se tournent vers le passĂ©.

Il est vrai qu’en regardant l’histoire passĂ©e nous cherchons Ă  trouver ce que nous voulons. Que ce soit des rages, des ressentiments, des condamnations ou des absolutions. Bien qu’il existe des Ă©tudes sĂ©rieuses et approfondies, nous pouvons chercher celle qui nous convient, celle qui nous donne raison. Celle qui nous justifie. Et nous la faisons « vĂ©ritĂ© Â».

C’est ainsi que nous pouvons juger et condamner. Mais la justice reste oubliĂ©e.

Nous pouvons de cette façon trouver beaucoup de choses qui nous divisent et nous opposent.

Nous avons des disputes dans notre famille, dans notre groupe, collectif, organisation. Dans notre quartier. Dans notre région. Dans notre géographie.

Chacun a une douleur qui le marque. Une rage qui le remue.

Et ces douleurs et ces rages, qui ne sont pas insignifiantes, sont lĂ .

Et nous les peuples zapatistes, nous disons que seule une menace plus grande, une douleur plus terrible, une rage plus grande pourra nous pousser à nous mettre d’accord pour diriger cette rage et cette douleur vers le haut.

Non pas que les diffĂ©rences que nous avons disparaissent, comme dans les faux appels Ă  « l’unitĂ© Â» qu’ont pour habitude de faire ceux d’en haut quand ceux d’en bas leur demandent des comptes.

Non, ce dont nous parlons, les communautĂ©s zapatistes, c’est d’une cause, d’un motif, d’un but : la vie.

Il ne s’agit pas d’abandonner des convictions et des luttes. Au contraire. Nous pensons que les luttes des femmes, des autr.e.s, des travailleurs, des peuples originels, non seulement ne doivent pas s’arrĂȘter, mais qu’elles devraient ĂȘtre plus profondes et radicales. Chacun affronte une ou plusieurs tĂȘtes de l’Hydre.

Parce que toutes ces luttes, les vĂŽtres et les nĂŽtres, celles des peuples zapatistes, sont pour la vie.

Mais tant que nous ne dĂ©truirons pas le monstre en son cƓur, ces tĂȘtes continueront Ă  jaillir et Ă  changer de forme mais avec une plus grande cruautĂ©.

-*-

Maintenant, de nos jours, nous voyons et nous subissons une destruction gigantesque : celle de la nature, humanité inclue.

Parce que sous les dĂ©combres, les cendres, la boue, les eaux polluĂ©es, les pandĂ©mies, l’exploitation, le mĂ©pris, la spoliation, le crime, le racisme et l’intolĂ©rance, il y a des ĂȘtres humains sans vie. Et chaque vie est une histoire qui se transforme en un nombre, une statistique, un oubli.

Le futur, l’histoire Ă  venir, tout comme le prĂ©sent, est un cauchemar rĂ©el. Et lorsque nous pensons que cela ne peut pas ĂȘtre pire, la rĂ©alitĂ© arrive pour nous frapper en plein visage.

Et alors chacun s’occupe de lui-mĂȘme et, dans le meilleur des cas, de ses proches : sa famille, ses amis, ses connaissances.

Mais, de la mĂȘme façon que dans chaque recoin de la planĂšte, dans chaque cƓur qui bat, il y a un malheur prĂ©sent et un autre Ă  venir, il y a aussi une rĂ©sistance, une rĂ©bellion, une lutte pour la vie.

Parce que vivre, ce n’est pas seulement ne pas mourir, ce n’est pas survivre. Vivre en tant qu’ĂȘtres humains c’est vivre avec libertĂ©. Vivre c’est un art, une science, c’est la joie, la danse, c’est la lutte.

Et bien sĂ»r, vivre c’est aussi ne pas ĂȘtre d’accord avec une chose ou une autre, discuter, dĂ©battre, confronter.

Alors, il y a quelqu’un ou quelque chose qui nous empĂȘche de vivre, nous confisque la libertĂ©, nous trompe, nous arnaque, nous accule, arrache le monde de tout un chacun par morsures, par entailles, par blessures.

LĂ , nous pouvons choisir le responsable. Chercher un coupable. Lui faire face et rendre justice. Que quelqu’un ou quelque chose paye, qu’il rĂ©ponde de cette douleur qui nous laisse seuls, seules, seul.e.s. Qui nous coince sur une Ăźle de plus en plus petite, si petite qu’il ne reste plus que le moi de chacun.

Et mĂȘme lĂ , dans la petite Ăźle, Ă©loignĂ©e de tout et de tous, ils nous obligent Ă  ĂȘtre autre chose, Ă  ne pas ĂȘtre ce que nous sommes. Notre histoire individuelle qui possĂšde sa partie d’histoire collective : une chambre, une maison, un quartier, une communautĂ©, une gĂ©ographie, une cause qui doit ĂȘtre modifiĂ©e et trahie pour faire partie d’autre chose.

Une femme qui plaise Ă  l’homme. Un.e autr.e qui soit acceptĂ©.e par l’hĂ©tĂ©ro. Une jeunesse qui satisfasse l’ñge adulte. Une vieillesse tolĂ©rĂ©e par la jeunesse. Une enfance disputĂ©e par des jeunes, des adultes et des personnes ĂągĂ©es. Une force de travail efficace et docile pour le contremaĂźtre. Un contremaĂźtre au goĂ»t du Petit Chef.

Et cette pression pour nous transformer en ce que nous ne sommes pas prend la forme de la violence.

Et c’est structurel. Tout le systĂšme est construit pour imposer le moule de la normalitĂ©.

Si nous sommes des femmes, nous devons l’ĂȘtre selon le moule des hommes.

Si nous sommes autr.es, nous devons l’ĂȘtre selon le moule de l’hĂ©tĂ©rosexuel.

Par exemple, on peut voir qu’il y a mĂȘme des cliniques pour « corriger Â» la diffĂ©rence sexuelle.

Bon, le systĂšme est une gigantesque et brutale clinique qui « guĂ©rit Â» « l’anormalitĂ© Â». Une machine qui attaque, isole et liquide l’autre, ou ce qui est diffĂ©rent.

Et on nous trimbale ainsi, jour et nuit, en voulant nous dompter, en cherchant Ă  nous domestiquer.

Et nous, eh bien nous rĂ©sistons. Toute la vie et des gĂ©nĂ©rations complĂštes qui rĂ©sistent, qui se rebellent. Qui disent «non» Ă  l’imposition. Qui crient « oui Â» Ă  la vie.

Ce n’est pas nouveau, c’est vrai. On pourrait remonter 5 siĂšcles en arriĂšre et ce serait la mĂȘme histoire.

Et le ridicule de tout cela c’est que ceux qui nous oppriment maintenant prĂ©tendent jouer le rĂŽle de nos « libĂ©rateurs Â».

-*-

Cependant, quelque chose est diffĂ©rent. Et c’est que la douleur de la terre, de la nature, s’est aussi unie Ă  la nĂŽtre.

Et lĂ , on peut ĂȘtre d’accord ou pas. On peut dire que ce n’est pas vrai, que les pandĂ©mies se termineront, que les catastrophes cesseront, que le monde, que notre vie dans le monde, redeviendra comme avant. MĂȘme quand cet « avant Â» Ă©tait et est un avant de douleur, de destruction et d’injustice.

Nous, les peuples zapatistes, nous pensons que non. Que non seulement cela ne redeviendra pas comme avant. Que cela va empirer.

Nous, les communautĂ©s zapatistes, nous nommons le responsable de ces maux et nous l’appelons « capitalisme Â».

Et nous disons aussi que seule la destruction totale de ce systÚme rendra possible que chacun.e, selon sa maniÚre, son calendrier et sa géographie, construise autre chose.

Pas parfait, mais si, meilleur.

Et Ă  ce qui se construira, Ă  ces nouvelles relations entre les ĂȘtres humains et entre l’humanitĂ© et la nature, chacun.e mettra le nom qui lui plaira.

Et nous savons que ce ne sera pas facile. Que ça ne l’est dĂ©jĂ  pas.

Et nous savons bien que nous n’y arriverons pas seul.e.s, chacun.e sur sa parcelle, combattant contre la tĂȘte de l’hydre dont ielle a Ă  pĂątir, tandis que le cƓur du monstre se reconstruit et grandit encore plus.

Et surtout nous savons que nous ne pourrons pas voir ce lendemain oĂč, enfin, la bĂȘte brĂ»lera et se consumera jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle qu’un mauvais souvenir.

Mais nous savons aussi que nous ferons notre part, mĂȘme si elle est petite, mĂȘme si les gĂ©nĂ©rations Ă  venir l’oublient.

-*-

En tant que communautés zapatistes que nous sommes, nous voyons des signes.

Mais peut ĂȘtre nous trompons-nous en tant que peuples que nous sommes.

Vous savez qu’on dit que nous sommes ignorants, attardĂ©s, conservateurs, opposĂ©s au progrĂšs, prĂ©-modernes, barbares, non civilisĂ©s, importuns et inconvenants.

C’est peut-ĂȘtre vrai.

Peut-ĂȘtre sommes-nous attardĂ©s car en tant que femmes que nous sommes ou en tant qu’autr.e.s, nous pouvons sortir nous promener sans avoir peur qu’on nous attaque, qu’on nous viole, qu’on nous dĂ©coupe en morceaux, qu’on nous fasse disparaĂźtre.

Peut-ĂȘtre sommes-nous contre le progrĂšs parce que nous nous opposons aux mĂ©ga-projets qui dĂ©truisent la nature et nous dĂ©truisent en tant que peuples, et qui lĂšguent la mort aux gĂ©nĂ©rations qui suivent.

Peut-ĂȘtre sommes-nous contre la modernitĂ© parce que nous nous opposons Ă  un train, Ă  une autoroute, Ă  un barrage, Ă  une centrale thermoĂ©lectrique, Ă  un centre commercial, Ă  un aĂ©roport, Ă  une mine, Ă  une dĂ©charge de produits toxiques, Ă  la destruction d’une forĂȘt, Ă  la pollution des riviĂšres et des lagunes, au culte des combustibles fossiles.

Peut-ĂȘtre sommes-nous attardĂ©s parce que nous honorons la terre au lieu de l’argent.

Peut-ĂȘtre sommes-nous des barbares parce que nous cultivons nos aliments. Parce que nous travaillons pour vivre et non pour gagner de l’argent.

Peut-ĂȘtre sommes-nous inopportuns et inconvenants parce que nous nous gouvernons nous-mĂȘmes comme peuples que nous sommes. Parce que nous considĂ©rons le travail de gouvernement comme un travail communautaire de plus que nous devrons mener Ă  bien.

Peut-ĂȘtre sommes-nous rebelles parce que nous ne nous vendons pas, parce que nous ne nous rendons pas, parce que nous n’abandonnons pas.

Peut-ĂȘtre sommes-nous tout cela qu’ils disent de nous.

-*-

Mais nous voyons quelque chose, nous entendons quelque chose, nous savons quelque chose qui est en train de se passer et qui va se passer.

Et c’est pour cela que nous sommes dans ce voyage. Parce que nous pensons et savons que nous ne sommes pas les seuls qui luttons, que nous ne sommes pas les seuls qui voyons ce qui est en train de se passer et qui va se passer.

Notre coin du monde est une petite géographie de lutte pour la vie.

Nous cherchons d’autres coins et nous voulons apprendre d’eux.

C’est pour cela que nous sommes arrivĂ©s jusqu’ici, pas pour vous apporter des reproches, des injures, des rĂ©clamations, des recouvrements de dettes impayĂ©es.

Bien que cela soit Ă  la mode et mĂȘme si n’importe qui dirait que oui, nous avons raison de rĂ©clamer et que nous ne savons pas ce qu’il faut faire et que eux, les mauvais gouvernements, le feront pour nous.

Et que ce soit Ă  la mode que ces mauvais gouvernements se cachent derriĂšre des nationalismes en carton.

Et que, sous le drapeau du nationalisme, nous nous couvrions et se couvre aussi celui qui nous opprime, celui qui nous poursuit, celui nous assassine, celui qui nous divise et nous monte les uns contre les autres.

Non. Nous ne sommes pas venus pour cela.

DerriĂšre les nationalismes se cachent non seulement les diffĂ©rences, mais aussi et surtout les crimes. Sous un mĂȘme nationalisme s’abritent le mĂąle violent et la femme agressĂ©e, l’intolĂ©rance hĂ©tĂ©rosexuelle et l’altĂ©ritĂ© poursuivie, la civilisation prĂ©datrice et le peuple originel anĂ©anti, le capital exploiteur et les travailleurs asservis, les riches et les pauvres.

Les drapeaux nationaux occultent plus qu’ils ne montrent, beaucoup plus.

C’est parce que nous pensons cela que notre engagement pour la vie est mondial. Il ne reconnaĂźt pas les frontiĂšres, les langues, les couleurs, les races, les idĂ©ologies, les religions, les sexes, les Ăąges, les tailles, les drapeaux.

C’est pour cela que notre traversĂ©e est une TraversĂ©e pour la vie.

-*-

Cette fois-ci est une des rares fois oĂč nous ferons usage de la parole dans un Ă©vĂ©nement oĂč peu sont ceux qui parlent et nombreux ceux qui Ă©coutent.

Et nous en profitons pour vous faire une demande respectueuse.

Racontez-nous votre histoire. Peu importe si elle est grande ou petite.

Racontez-nous votre histoire de rĂ©sistance, de rĂ©bellion. Vos douleurs, vos rages, vos « non Â» et vos « oui Â».

Car nous, les communautĂ©s zapatistes, nous sommes venues pour Ă©couter et apprendre l’histoire qu’il y a dans chaque piĂšce, dans chaque maison, dans chaque quartier, dans chaque communautĂ©, dans chaque langue, dans chaque façon et dans chaque « c’est comme ça Â».

Car, aprĂšs tant d’annĂ©es, nous avons appris que dans chaque dissidence, dans chaque rĂ©bellion, dans chaque rĂ©sistance, il y a un cri pour la vie.

Et, selon nous les peuples zapatistes, il ne s’agit que de cela : de la vie.

Et, si un de ces jours, quelqu’un vous demande « que sont venus faire les zapatistes ? Â», ensemble nous pourrons rĂ©pondre, sans peine pour vous et sans honte pour nous, « ils sont venus pour apprendre Â».

500 ans aprÚs, les communautés zapatistes sont venues nous écouter.

Depuis Madrid, dans la gĂ©ographie qu’on appelle Espagne,
et sur ces terres et sous ces cieux rebaptisés
SLUMIL KÂŽAJXEMKÂŽOP, ou « terre rebelle Â».

Au nom des communautés zapatistes.

L’Escadron maritime zapatiste, appelĂ© « Escadron 421 Â».
PlanÚte Terre. 13 août, à peine 500 ans plus tard.


Rage Against The Machine – «Wake Up»

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Fuente: Enlacezapatista.ezln.org.mx