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Stop Ă  la guerre au Chiapas !


September 27, 2021
De parte de Radio Zapatista
1,587 puntos de vista
27 sep 2021

(En español aquí.)

« ARRÊTEZ DE JOUER AVEC LA VIE, LA LIBERTÉ ET LES BIENS DES CHIAPANÈQUES. »
Extrait du communiquĂ© du CCRI-CG de l’EZLN, le 19 septembre 2021.


Autoféfenses du peuple El Machete. Photo: José Santiz

22 septembre. Vienne. La situation de violence au Chiapas se poursuit et l’EZLN lance l’alerte aujourd’hui sur un Ă©tat « au bord de la guerre civile Â». Pour comprendre ce qu’il se passe, il faut observer sous diffĂ©rents angles l’origine et la systĂ©matisation des violences. Ce texte, non exhaustif, tente de donner une vision d’ensemble aux processus en cours dans l’État du Sud-est mexicain, en mettant en Ă©vidence quelques thĂšmes et conflits.

Vendredi 17 septembre 2021, Ă  Vienne, en Autriche, environ 20 femmes et 30 hommes zapatistes de la dĂ©lĂ©gation aĂ©rienne, « La ExtemporĂĄnea Â», rĂ©cemment arrivĂ©e dans cette ville, sont venus renforcer le contingent rassemblĂ© devant l’ambassade du Mexique.


Concentration face ñ l’ambassade du Mexique, à Vienne, 17 septembre.

Cet acte de protestation a inaugurĂ© une grande campagne pour dĂ©noncer le paramilitarisme et la violence au Chiapas et exiger l’apparition en vie de JosĂ© Antonio SĂĄnchez JuĂĄrez et SebastiĂĄn NĂșñez PĂ©rez, zapatistes, membres du Conseil de bon gouvernement (JBG) « Nuevo Amanecer en Resistencia y RebeldĂ­a por la Vida y la Humanidad » [« Aube nouvelle en rĂ©sistance et en rĂ©bellion pour la vie et l’humanitĂ© Â», ndt], du Caracol 10, « Floreciendo la Semilla Rebelde » [« Quand fleurit la graine rebelle Â»], situĂ© prĂšs de Patria Nueva, non loin d’Ocosingo, au Chiapas.

Les deux compañeros avaient Ă©tĂ© sĂ©questrĂ©s le 11 septembre par des membres de l’Organisation rĂ©gionale des cafĂ©iculteurs d’Ocosingo (ORCAO) – laquelle a une longue histoire de violence paramilitaire et d’impunitĂ© dans la rĂ©gion – alors que la dĂ©lĂ©gation zapatiste aĂ©roportĂ©e commençait son voyage. Selon le communiquĂ© du ComitĂ© clandestin rĂ©volutionnaire indigĂšne-Commandement gĂ©nĂ©ral (CCRI-CG) de l’EZLN, ils ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s le 19 septembre, grĂące Ă  l’intervention des prĂȘtres de San CristĂłbal de Las Casas et d’Oxchuc, appartenant au DiocĂšse de San CristĂłbal.

Face au bĂątiment de la diplomatie mexicaine Ă  Vienne, la solidaritĂ© internationale s’est manifestĂ©e par la prĂ©sence de dizaines d’activistes de toute l’Europe qui ont dĂ©noncĂ© grĂące Ă  leurs microphones, banderoles et pancartes, l’implication du gouvernement du Mexique dans la rĂ©activation des violences contre-insurrectionnelles. Les prises de paroles en espagnol, allemand, grec, français, portugais et galicien, ainsi que le rĂ©cent communiquĂ© signĂ© par de nombreuses organisations, collectifs et individus d’Europe tiennent pour responsables tant le gouvernement fĂ©dĂ©ral d’AndrĂ©s Manuel LĂłpez Obrador (AMLO) que le gouvernement de l’État du Chiapas de Rutilio EscandĂłn Cadenas, en raison de leur complicitĂ© avec les attaques paramilitaires perpĂ©trĂ©es non seulement contre des paysans mayas zapatistes mais aussi contre des compañeras et compañeros dĂ©fenseur.ses de droits humains et contre des communautĂ©s du Chiapas.

Comme le relate la dénonciation du Réseau AJMAQ, signée par de nombreuses organisations sociales et des collectifs du monde entier, en ce mois de septembre, le paramilitarisme du Chiapas intensifie ses actions délinquantes.

« Cette escalade de la violence orchestrĂ©e depuis les hauts lieux de pouvoir du gouvernement a pour contexte la « TraversĂ©e pour la vie – Chapitre Europe » de l’EZLN, une initiative d’organisation qui cherche Ă  Ă©tendre, de maniĂšre pacifique et crĂ©ative, la graine de la rĂ©sistance et de la rĂ©bellion pour l’humanitĂ© et la Terre MĂšre, c’est-Ă -dire pour la Vie. »

Rappelons que la premiĂšre dĂ©lĂ©gation zapatiste, l’Escadron 421, est partie du Mexique vers l’Europe en bateau le 2 mai. Le 14 septembre, c’est l’ExtemporĂĄnea, dĂ©lĂ©gation aĂ©rienne de l’EZLN, qui est arrivĂ©e sur les terres de Slumil K’ajxemk’op/Terre Rebelle (auparavant Europe) et qu’elle a Ă©tĂ© rejointe le 22 septembre par une dĂ©lĂ©gation du CongrĂšs national indigĂšne (CNI) et du Front des peuples en dĂ©fense de la terre et de l’eau-Morelos, Puebla, Tlaxcala (FPDTA-MPT) dans le but d’écouter et de dialoguer avec les luttes d’en bas, Ă  gauche. Depuis le 1er janvier 2021, l’EZLN a rendu publique sa DĂ©claration pour la vie, signĂ©e par des centaines de collectifs de l’autre Europe.

« Nous sommes lĂ  et nous y resterons jusqu’à la prĂ©sentation en vie des compañeros. Ce Voyage a dĂ©jĂ  commencĂ© et personne ne l’arrĂȘtera », a dit au micro, en allemand et en espagnol, une compañera activiste devant le bĂątiment de la diplomatie mexicaine.

Qui est le groupe paramilitaire que dĂ©nonce l’EZLN ?

Radio Zapatista, dans « La longue histoire de violence paramilitaire et d’impunitĂ© de l’ORCAO Â», rappelle que l’Organisation rĂ©gionale des cafĂ©iculteurs d’Ocosingo, dĂ©noncĂ©e de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e par les Conseils de bon gouvernement comme Ă©tant une organisation paramilitaire, agresse les communautĂ©s zapatistes depuis plus de 20 ans avec une violence croissante et en totale impunitĂ©.

L’ORCAO a Ă©tĂ© fondĂ©e en 1988 par douze communautĂ©s de la municipalitĂ© d’Ocosingo, au Chiapas. C’était une organisation de lutte lĂ©gitime qui revendiquait de meilleurs prix pour le cafĂ© et une solution aux conditions rudimentaires de l’agriculture. En peu de temps, de nombreuses communautĂ©s l’ont rejointe. Pendant des annĂ©es, l’ORCAO a entretenu des liens avec le zapatisme. Pourtant, ces derniers ont Ă©tĂ© rompus quand, Ă  la fin des annĂ©es 90, l’organisation, comme tant d’autres, a cĂ©dĂ© Ă  la tentation de nĂ©gocier des aides gouvernementales et des postes publics en Ă©change de faveurs. La rupture s’est aggravĂ©e avec l’arrivĂ©e de Pablo Salazar au poste de gouverneur du Chiapas en 2000. L’ORCAO a alors abandonnĂ© la lutte et s’est alliĂ©e avec le gouvernement, rompant les liens avec l’EZLN pour avoir accĂšs Ă  l’argent public. À partir de ce moment, les agressions contre l’EZLN sont devenues de plus en plus frĂ©quentes et violentes.

Entre 2020 et 2021, les agressions envers les bases d’appui zapatistes, leurs centres d’autonomie et envers celles et ceux qui soutiennent l’EZLN se sont multipliĂ©es :

En novembre 2020, le Conseil de bon gouvernement de Patria Nueva dĂ©nonçait que l’ORCAO avait reçu des aides du gouvernement pour construire une Ă©cole mais les avait utilisĂ©es pour acheter des armes de gros calibre, avec la probable complicitĂ© du gouvernement fĂ©dĂ©ral actuel. AMLO a nommĂ© sa stratĂ©gie la “QuatriĂšme Transformation” (4T), en faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l’IndĂ©pendance du Mexique (1810), aux Lois de RĂ©forme (1858-1861) et Ă  la RĂ©volution mexicaine (1910-1917), comme Ă©tant les trois antĂ©cĂ©dents de la transformation au Mexique.

Destruction d’entrepĂŽt de maĂŻs et de cafĂ© Ă  CuxuljĂĄ

Quelle est la situation au Chiapas ? 

Si le Mexique est « l’arriĂšre-cour Â» des États-Unis, le Chiapas est l’une de ses entrĂ©es. La dĂ©stabilisation volontaire de la zone, l’accroissement de la violence, l’impunitĂ© systĂ©matique, donnent tous les arguments nĂ©cessaires au gouvernement fĂ©dĂ©ral pour qu’il continue de militariser l’État et de dĂ©velopper la contre-insurrection, de contrĂŽler la frontiĂšre sud et de garder la main sur les terres indispensables Ă  l’implantation de mĂ©ga-projets.

Depuis dĂ©cembre 2000, le Chiapas est la cible d’un projet plus large, originellement connu comme le Plan Puebla-Panama. Aujourd’hui, le gouvernement d’AMLO et sa « QuatriĂšme Transformation Â» ont lancĂ© plusieurs projets prĂ©vus depuis lors : le transocĂ©anique et le mal nommĂ© Train Maya.

Cependant, dans son dernier communiquĂ© « Le Chiapas au bord de la guerre civile Â», le CCRI-CG responsabilise Rutilio EscandĂłn, gouverneur du Chiapas, et Victoria Cecilia Flores PĂ©rez, secrĂ©taire au gouvernement de l’État du Chiapas. Pour plus d’informations sur les alliances stratĂ©giques et les jeux de pouvoir, vous pouvez consulter l’article de Luis Hernandez Navarro, « El infierno chiapaneco Â» [« L’enfer chiapanĂšque Â»].

Pourquoi les zapatistes accusent-ils les trois niveaux de gouvernement ?

Une des stratĂ©gies du gouvernement de la 4T, au Chiapas,  comme partout au Mexique, est de recourir Ă  des programmes sociaux qui finissent par diviser et dĂ©stabiliser la communautĂ©. « Diviser pour mieux rĂ©gner Â» a Ă©tĂ© , et sera toujours, une stratĂ©gie efficace du gouvernement pour en finir avec l’organisation et la communautĂ©.

« Sembrando Vida Â» (« Semer la vie Â») est le nom ironiquement donnĂ© par le gouvernement Ă  l’un de ces programmes fĂ©dĂ©raux d’assistanat. Il propose aux paysans du pays de recevoir de l’argent pour travailler leurs terres et pour cultiver en monoculture du maĂŻs, des mangues, de la palme africaine, entre autres, en vue de les exporter Ă  l’étranger ou vers les grandes villes du territoire mexicain. Pour pouvoir entrer dans ce programme d’État, il faut justifier de la propriĂ©tĂ© individuelle de sa terre, qui doit avoir une surface supĂ©rieure Ă  2,5 hectares. Le fond du problĂšme est lĂ . Dans un pays oĂč les terres des ejidos, c’est-Ă -dire les terres communales, sont encore collectivisĂ©es, et communĂ©ment utilisĂ©es pour les cultures, cela gĂ©nĂšre des divisions au sein du tissu social.

Sur les terres rĂ©cupĂ©rĂ©es des zapatistes, les Conseils de bon gouvernement sont d’accord pour prĂȘter des terres pour un travail collectif, mais pas pour des intĂ©rĂȘts individuels manipulĂ©s par l’État mexicain. C’est alors qu’arrivent le dĂ©saccord, la division et le harcĂšlement par des groupes paramilitaires (armĂ©s et financĂ©s dans le passĂ© et actuellement par les gouvernements fĂ©dĂ©raux, rĂ©gionaux et municipaux) envers les communautĂ©s zapatistes, les peuples originels et quiconque serait en travers de leurs plans de contrĂŽle et d’exploitation.

Dans les Altos de Chiapas, rĂ©gion composĂ©e de dix-sept municipalitĂ©s de population indigĂšne en majoritĂ© tseltale et tsotsile, il existe plus d’un conflit entre les villages, que le gouvernement a alimentĂ© et justifiĂ© en les faisant passer pour des querelles territoriales.

Quelle est la situation dans les villages des Altos de Chiapas ?

Aldama

De nombreux liens familiaux, culturels, Ă©conomiques et spirituels se sont tissĂ©s entre Santa Magdalena (Aldama) et Santa Martha (ChenalhĂł). Dans les principales fĂȘtes des communautĂ©s, dans la tradition des villages indigĂšnes des Altos de Chiapas, c’est une habitude d’accompagner le saint ou la sainte du village voisin ; dans ce cas, San AndrĂ©s LarrĂĄinzar, Santa Martha (ChenalhĂł) et Santa MarĂ­a Magdalena (Aldama) les cĂ©lĂšbrent ensemble de part leur proximitĂ© et leurs Ă©changes culturels.

Celles et ceux qui font aujourd’hui partie de l’organisation des 115 Comuneros dĂ©placĂ©s d’Aldama, qui ont hĂ©ritĂ© de leur mĂšre et de leur pĂšre le soin, le travail et la protection de leurs terres et de leurs familles, Ă©coutaient leurs grand-pĂšres raconter comment ils avaient connu leurs grand-mĂšres Ă  Santa Martha, ou vice versa.

Entre 1975 et 2000, les gouvernements en place ont rĂ©alisĂ© une importante restructuration du secteur agraire Ă  partir de rĂ©formes institutionnelles et politiques ; l’article 27 de la Constitution a Ă©tĂ© modifiĂ© avec l’idĂ©e supposĂ©e d’amĂ©liorer les conditions des paysans, les prix de leurs produits sur le marchĂ©, etc. Le conflit « territorial Â» entre Aldama et ChenalhĂł date de la rĂ©forme agraire dans les annĂ©es 70, quand le gouvernement a cĂ©dĂ© 60 hectares de terres des propriĂ©taires ancestraux d’Aldama Ă  Santa Martha (ChenalhĂł). Des accords ont Ă©tĂ© passĂ©s au fil des ans pour dĂ©finir la propriĂ©tĂ©, sans rĂ©sultats. Avec les annĂ©es, cela a occasionnĂ© la destruction des arbres fruitiers sur ces terres, l’expulsion des familles et la destruction par le feu de leurs maisons, en plus de constantes attaques.

« A prĂ©sent, c’est non seulement avec des paroles mais aussi avec des balles, avec des munitions, que les paramilitaires de Santa Martha veulent nous arracher la vie en tant que peuple d’Aldama. Comme preuve, il y a la vidĂ©o que les paramilitaires ont publiĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux Â» (extrait d’un communiquĂ© des autoritĂ©s de Xuxche’n, communautĂ© d’Aldama, destinĂ© Ă  la communautĂ© nationale et internationale).

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Blessées par balles à Aldama. Photo : Isaac Guzmån

Ce discours se rĂ©pĂšte parmi les habitants des deux communautĂ©s, mais l’ennemi reste invisible aux yeux de l’État. Pendant une confĂ©rence matinale, le prĂ©sident du Mexique a dĂ©crit le conflit comme un diffĂ©rend de pauvres contre des pauvres et les a appelĂ©s Ă  se calmer.

À partir de 2017, le conflit territorial est devenu une guerre au compte-gouttes avec un ennemi que tout le monde voit de loin mais dont on ne sait pas qui ou quoi il a en ligne de mire ; des groupes de personnes armĂ©es, vĂȘtues de noir et avec une probable formation d’entraĂźnement paramilitaire, ont commencĂ© Ă  tirer sur les deux communautĂ©s. Aujourd’hui, ces groupes ont assassinĂ© au moins vingt habitants de Santa Martha et d’Aldama, et blessĂ© un nombre toujours croissant de personnes.

Dans les deux cas, les femmes et les hommes qui habitent ce territoire exigent du gouvernement qu’il fasse quelque chose pour arrĂȘter ces attaques via les mĂ©dias locaux, nationaux et internationaux, en diffusant l’attaque constante dont ils et elles sont les victimes quotidiennes, et en gardant le contact avec des organisations de dĂ©fense des droits humains. Alors que la peur grandit, les rĂ©coltes se perdent du fait de ne pas pouvoir aller travailler les champs de maĂŻs, de haricots, de courges ou de cafĂ© ; sortir travailler est de plus en plus dangereux, et la nourriture vient Ă  manquer. Mais mĂȘme ainsi, les aides sociales en matĂ©riel de construction ou agricole, ainsi que les t-shirts colorĂ©s des partis politiques en campagne, continuent d’arriver entre les balles et le sang.

Il y a quelques jours Ă  peine, le 15 septembre, Domingo SĂĄntiz JimĂ©nez, du village de Xuxch’en, a Ă©tĂ© assassinĂ© par des membres d’un groupe armĂ© de type paramilitaire, provenant de Santa Martha, avec une arme de gros calibre. Lui et sa familles Ă©taient en train de rentrer dans leur village en camionnette. Il ont dĂ» s’arrĂȘter pour attendre que les coups de feu cessent. Domingo, 33 ans, a reçu une balle dans le visage.

En fĂ©vrier 2019, le Conseil de bon gouvernement d’Oventik s’était prononcĂ© sur ces attaques incessantes.

PantelhĂł

« Notre lutte n’est pas une lutte politique, c’est une lutte pour la vie, parce que les narcotrafiquants ont dĂ©jĂ  tuĂ©s plus de 200 d’entre nous et que les autoritĂ©s les ont protĂ©gĂ©s Â». TĂ©moignage d’un des habitants de PantelhĂł pendant la prĂ©sentation des « Auto-dĂ©fenses du Peuple El Machete Â».

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Présentation des autodéfenses El Machete. Photo : José Santiz

Plus de trois mille cinq cents personnes issues de quatre-vingt-six communautĂ©s, se sont rĂ©unies Ă  San JosĂ© Buenavista Tercero, une des communautĂ©s du territoire de PantelhĂł, le 18 juillet dernier, pour annoncer publiquement la naissance des « AutodĂ©fenses du peuple El Machete ». Étant arrivĂ©es au point de saturation face au harcĂšlement qu’elles subissent des mains des groupes armĂ©s protĂ©gĂ©s par les autoritĂ©s municipales, elles expliquent, dans leur communiquĂ©, la nĂ©cessitĂ© de prendre les armes. Avant de se soulever en armes et de se prĂ©senter au peuple mexicain, les habitants de la municipalitĂ© avaient dĂ©noncĂ© les agressions qu’ils subissaient et avaient sollicitĂ© de l’État, Ă  plusieurs reprises, qu’il agisse pour arrĂȘter ces groupes. Ne voyant aucune action concrĂšte, et suite Ă  l’assassinat de Simon Pedro PĂ©rez, membre des Abejas de Acteal et habitant de la rĂ©gion de PantelhĂł, ils ont dĂ©cidĂ©, sur la base d’un accord, de prendre la justice en main et de gouverner leur village selon les us et coutumes des peuples originels.

Suite Ă  de la dĂ©cision de prendre la prĂ©sidence municipale, le village de PantelhĂł a Ă©tĂ© tĂ©moin d’affrontements armĂ©s entre l’ArmĂ©e mexicaine, la Garde nationale, la Police municipale, des groupes armĂ©s et les habitants. Pendant un temps, les scĂšnes de maisons incendiĂ©es, d’autos dĂ©truites et d’impacts d’éclats de mĂ©tal provenant de bombes de type molotov sur les murs des maisons du chef-lieu municipal se sont multipliĂ©es. Sur la route, on pouvait voir des centaines de douilles de gros calibre, des marques d’explosions de bombes et des dizaines de militaires armĂ©s de mitraillettes qui chargeaient des kilos de munitions sur leurs Ă©paules, en plus d’un hĂ©licoptĂšre militaire survolant la zone.

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Affrontements armés dans les rues de Pantelhó. Photo : José Santiz


Soldats de l’ArmĂ©e fĂ©dĂ©rale Ă  PantelhĂł. Photo : Isaac GuzmĂĄn

AprĂšs avoir rĂ©tabli l’ordre, les habitant.es ont lancĂ© un appel au dialogue avec le gouvernement de l’État du Chiapas pour exiger la reconnaissance de leur droit Ă  se gouverner selon leurs us et coutumes. Au chef-lieu municipal de PantelhĂł, dĂ©sormais gouvernĂ© par le peuple, s’est menĂ© Ă  terme le dialogue entre l’État et la voix de milliers d’habitants de la rĂ©gion n’en pouvant plus de la violence.

Aujourd’hui, PantelhĂł est gouvernĂ© selon les us et coutumes, mais mĂȘme si la violence a baissĂ© de niveau depuis lors, le harcĂšlement continue : il y a peu, le 18 septembre 2021, un homme a Ă©tĂ© remis aux autoritĂ©s aprĂšs que des habitants ont remarquĂ© qu’il portait une arme et qu’il avait une bombe sur lui.

Résumé officiel du fonctionnement de la loi des Us et Coutumes des peuples originels du Mexique.

HuixtĂĄn

Autre fait violent : le 13 juillet de cette annĂ©e, une groupe d’une trentaine d’hommes vĂȘtus de noirs, cagoulĂ©s et fortement armĂ©s, sont entrĂ©s dans la mairie de la municipalitĂ© indigĂšne de HuixtĂĄn, et ont enlevĂ© trois travailleurs de la municipalitĂ©, et se sont emparĂ©s de trois vĂ©hicules de la mairie pour obliger le prĂ©sident municipal Ă  effectuer le pavement des rues de la dite communautĂ©.

Oxchuc

Le 8 juillet, Eduardo Santiz GĂłmez, 21 ans, fils du prĂ©sident municipal d’Oxchuc a Ă©tĂ© kidnappĂ© par des hommes armĂ©s aux alentours de la municipalitĂ© et a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© 25 jours plus tard.

Altamirano

Dans la nuit du 15 septembre, le palais municipal d’Altamirano a Ă©tĂ© incendiĂ©. Dans cette municipalitĂ©, il a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© que le prĂ©sident municipal et son Ă©pouse en sont Ă  leur quatriĂšme mandat, en comptant celui qui commencera le 1er octobre, en gouvernant au nom du Parti vert Ă©cologiste.

Quelle est l’autre consĂ©quence de ces conflits ?

Tous ces conflits, marquĂ©s par la violence et l’impunitĂ©, ont provoquĂ© le dĂ©placement forcĂ© ponctuel, intermittent ou permanent de milliers de personnes dans l’État du Chiapas. Les familles, contraintes d’abandonner leur foyer, ne peuvent souvent plus accĂ©der Ă  leurs terres, perdant ainsi leurs rĂ©coltes, et se trouvant dans l’impossibilitĂ© de faire leurs semis pour l’annĂ©e suivante. En plus de la violence systĂ©mique et de la discrimination perpĂ©tuelle, les dĂ©placĂ©.es doivent affronter le froid, la faim, les maladies et la mort. Hommes, femmes, enfants et personnes ĂągĂ©es vivent dans la peur et sans voir d’issue aux conflits ni un possible rapide retour dans leur foyer, ce qui provoque dĂ©sespoir, dommages psychologiques et Ă©motionnels, ainsi que la dĂ©tĂ©rioration du tissu social communautaire.

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Fuite massive d’habitantes de Pantelhó le 8 juillet 2021, aprùs la premiùre tentative de prise du palais municipa. Photo : Isabel Mateos

Entre 1994 et juin 2020, le Chiapas comptait trente-sept déplacements forcés, soit plus de cent quinze mille personnes déplacées, le conflit armé et les violation des droits humains en étant la cause principale.

Le 8 juillet dernier, trois mille deux cent cinq personnes, en majorité des enfants et des adolescents, se sont enfuies de Pantelhó et de quelques hameaux de Chenalhó, formant ainsi le déplacement massif le plus important en terme de nombre de personnes depuis octobre 2017, quand plus de cinq mille personnes avaient été obligées de fuir plusieurs communautés de Chalchihuitån et de Chenalhó.

Chalchihuitån, Chenalhó et Aldama sont les municipalités desquels le plus grand nombre de personnes se sont déplacées de force au Chiapas.

Et la migration ?

Depuis le 28 aoĂ»t, on a recensĂ© quatre caravanes de femmes, d’hommes et d’enfants de Cuba, du Nicaragua, du Guatemala, du Honduras, du Venezuela, du SĂ©nĂ©gal et d’HaĂŻti. La rĂ©ponse de l’État, via l’Institut national de migration (INM) a Ă©tĂ© de rĂ©aliser des opĂ©rations de dĂ©tention d’une excessive violence et avec un usage disproportionnĂ© de la force pour freiner les personnes qui cherchent Ă  quitter le Chiapas Ă  cause du retard dans la rĂ©solution de leurs dĂ©marches de rĂ©gularisation migratoire et d’asile.

Dans leur communiquĂ©, publiĂ© le 4 septembre 2021, « Contre la xĂ©nophobie et le racisme, la lutte pour la vie Â», les Conseils de bon gouvernement zapatistes, le CCRI-CG de l’EZLN et les communautĂ©s indigĂšnes zapatistes dĂ©clarent :

MĂȘme parmi les membres de la dĂ©nommĂ©e Garde nationale, il y a du mĂ©contentement. En effet on leur avait dit que leur mission serait de lutter contre le crime organisĂ©, et maintenant on les utilise comme des chiens de chasse Ă  la poursuite de personnes Ă  la peau basanĂ©e. Parce que c’est la consigne : traquer toute personne qui a la peau basanĂ©e : « ArrĂȘtez tous les putains de noirs que vous croisez Â», c’est ça l’ordre. C’est toute une dĂ©claration de politique extĂ©rieure.

Les conditions ont empirĂ© avec la pandĂ©mie du COVID-19. La fermeture des frontiĂšres, des auberges pour personnes migrantes, des bureaux de la Commission mexicaine d’aide aux rĂ©fugiĂ©s (COMAR), la perte d’emplois et la rĂ©cession Ă©conomique, ainsi qu’une plus grande difficultĂ© Ă  accĂ©der Ă  une attention mĂ©dicale, ont dĂ©tĂ©riorĂ© encore plus la qualitĂ© de vie des migrant.es qui vivent au Mexique ou transitent par le pays.

Quelle est la situation sanitaire au Chiapas ?

Depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, aucune stratĂ©gie d’attention destinĂ©e aux populations rurales et indigĂšnes et encore moins aux communautĂ©s difficiles d’accĂšs du sud-est mexicain n’a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e. Les campagnes de prĂ©vention et d’information sur la pandĂ©mie Ă©taient confuses. Par exemple, dans les petites cliniques de santĂ© des communautĂ©s, on pouvait voir des pancartes rĂ©alisĂ©es par le MinistĂšre de la santĂ© portant l’explication suivante : « Quelles sont les personnes qui peuvent attraper le Covid-19 ? Les personnes qui ont voyagĂ© en Chine ou qui ont Ă©tĂ© en contact avec quelqu’un provenant de Chine. Â» La situation de la vaccination contre le Covid-19 est similaire, si bien que par manque d’accĂšs Ă  l’information, par manque de confiance et parce que leur culture et leurs connaissances sont bien diffĂ©rentes de celles du systĂšme de santĂ© occidental, beaucoup de gens ne se tournent pas vers l’application de l’antidote Ă  prĂ©sent imposĂ© par le systĂšme capitaliste. Les chiffres de contagion et de dĂ©cĂšs ont Ă©tĂ© et sont contrĂŽlĂ©s par un gouvernement hermĂ©tique, raison pour laquelle il est difficile d’obtenir des donnĂ©es concluantes ; les registres des dĂ©cĂšs dans les petites communautĂ©s n’ont jamais fait partie des registres du MinistĂšre de la santĂ© de l’État du Chiapas et encore moins du dĂ©compte des dĂ©cĂšs fait par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Aujourd’hui, les vaccins arrivent de maniĂšre dĂ©libĂ©rĂ©ment lente vers les villages, bien que la publicitĂ© officielle de l’Institut mexicain de sĂ©curitĂ© sociale (IMSS) s’applique Ă  dĂ©montrer le travail de distribution et d’implication de son actuel directeur Zoe Robledo, probable candidat Ă  la gouvernance de l’État chiapanĂšque. Dans un contexte oĂč la santĂ© communautaire est gĂ©rĂ©e diffĂ©remment de celle des villes et oĂč la population est exaspĂ©rĂ©e par les mensonges de la classe dirigeante, la mĂ©fiance envers le systĂšme est en train de provoquer des morts.

En rĂ©ponse Ă  cela, les communautĂ©s se sont mises d’accord sur la maniĂšre d’affronter cette maladie. Par exemple : les caracoles zapatistes ont Ă©tĂ© parmi les premiers, tant au niveau local qu’au niveau national, Ă  alerter sur la gravitĂ© de la situation mondiale ; se basant sur des Ă©tudes scientifiques, ils ont pris des mesures pertinentes (campagnes d’information interne, mesures sanitaires, fermeture des caracoles) qui restent en vigueur jusqu’à aujourd’hui.

Dans les derniĂšres semaines, une augmentation des cas de contagion dans plusieurs communautĂ©s a Ă©tĂ© enregistrĂ©e, parfois de façon mĂȘme plus Ă©levĂ©e qu’à la mĂȘme pĂ©riode de l’annĂ©e passĂ©e. À Aldama, par exemple, qui se dĂ©clarait sans prĂ©sence de la maladie depuis des mois, une grande augmentation a Ă©tĂ© identifiĂ©e dans les derniĂšres semaines.

Qu’exige-t-on depuis le Chiapas et Ă  l’extĂ©rieur ?

La situation au Chiapas est complexe et en aucun cas uniforme. Pourtant la violence est gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans l’État tout entier et elle s’est intensifiĂ©e au cours des derniers mois quand a commencĂ© la campagne Ă©lectorale dĂ©but avril 2021.

Depuis 1994, l’EZLN a luttĂ© pour la paix et la justice. Aujourd’hui, ses exigences restent les mĂȘmes. Il est temps d’exiger, tant depuis le Mexique que depuis l’extĂ©rieur, la fin de la guerre au Chiapas. Il s’agit de se manifester non seulement pour crier stop aux attaques contre le territoire zapatiste, mais aussi pour le droit de tout un peuple Ă  vivre en paix.

L’EZLN a appelĂ© l’Europe Rebelle, Slumil K’ajxemk’op, et les rĂ©seaux de la Sexta nationale et internationale Ă  « manifester devant les ambassades et consulats, et dans les siĂšges du gouvernement de l’État du Chiapas Â», le vendredi 24 septembre, en exigeant la fin des provocations et l’abandon du « culte de la mort Â» que professent aussi bien les gouvernements que les groupes paramilitaires et criminels.

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Fuente: Radiozapatista.org
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